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Atelier des Petits RatS’Conteurs

l’imaginaire au service de l’épanouissement et du vivre ensemble

Cet atelier de conte est basé sur l’approche du conte comme outil d’éducation et de lien social faite par Suzy Platiel, ethnolinguiste, chercheure au CNRS. Source : apprendre à éduquer .

C’est un projet que je me propose de construire avec les enseignants en fonction des besoins des classes.

La Méthodologie de Suzy Patiel

Pour commencer, je raconte aux enfants un conte correspondant au thème choisi par le professeur et adapté à leur âge. Nous analysons ensuite le conte ensemble avec l’aide des questions que je leur pose. Les enfants cherchent à mettre en valeur la morale transmise ou les valeurs essentielles de l’histoire. Ensuite je reviens, avec l’accord des enfants, pour d’autres séances. Les enfants sont alors invités à raconter des contes eux aussi s’ils le souhaitent.

Progressivement les enfants découvrent leur propre façon de conter en choisissant le rôle qui leur plaît, d’après leur personnalité, leurs qualités et leur caractère. En racontant l’histoire, ils adaptent le mot à l’émotion, enrichissent leur vocabulaire, apprennent à articuler et par conséquent ils développent l’oralité et l’expression orale.
De cette façon, le conte devient un moyen pour les enfants d’exprimer leurs problématiques inconscientes. Conter est un exercice pour la mémoire et l’enfant découvre une nouvelle manière de s’exprimer.

Les ateliers finissent par la présentation des contes par les enfants. Ils apprennent à parler devant un public et apprennent à s’adapter plus facilement aux situations nouvelles.

Le conte les aide parce qu’ils savent comment utiliser la voix, ils n’ont pas peur de se présenter devant un public et ils ont confiances en eux. Ils ont acquis une présence sur scène dont ils pourrons profiter toute leur vie.

scolaires

Budget
100 € / Heures
+ frais de déplacement SNCF ou indemnités kilométriques à 0,47€/km
+ frais d’hébergement et de repas le cas échéant


Disponible sur le pass culture via adage

Solo de Conte interprété par Innocent Yapi, artiste conteur et formateur depuis plus de 20 ans. >> Voir son parcours

Présentation de l’approche de Suzy Platiel

Suzy Platiel a initié une réflexion sur les fondements et les conséquences des divers modes de communication directs et indirects ainsi que sur la structuration actuelle de la pensée individuelle et sociale des enfants et des adolescents. Cette réflexion se fixe pour objectif de proposer des actions et des outils pertinents permettant d’utiliser de façon claire l’oralité et le conte, de la maternelle au collège, tout en respectant les programmes et les orientations officielles de l’Éducation Nationale.
Après des années d’observation et d’étude de sociétés à tradition orale (en particulier les Sanà du Burkina Faso), Suzy Platiel propose de (ré)instaurer le conte oral à l’école et à la maison pour lutter contre l’échec scolaire, l’incapacité de s’exprimer et le recours à la violence qui en découle.
Pour elle, la maîtrise du langage oral et corporel est essentielle dans le développement de l’enfant, avant d’exiger que ce dernier lise et écrive.

Le conte dans les écoles : des expériences concluantes

Ainsi, elle est intervenue dans des écoles françaises dès les années 1980 pour animer “l’heure du conte“. Tous les enfants et le (ou les) adulte(s) sont assis en rond et sont invités à écouter et/ou raconter des contes à l’oral, sans support écrit (livre ou autre).
La participation est libre (les enfants qui ne le souhaitent pas ne sont pas obligés d’y assister et l’adulte peut décider de ne pas revenir la semaine suivante s’il n’y prend pas de plaisir) et la parole circule. Les enfants peuvent raconter des histoires s’ils le souhaitent mais là encore n’y sont pas obligés. Les histoires racontées ne sont pas inventés mais sont issues d’un patrimoine culturel commun (les conteurs, adultes et enfants, ne racontent pas leur propres histoires mais sont des “passeurs”).
Des enseignants (de tous les degrés : maternelle, primaire, collège, lycée) qui mettent en pratique l’heure du conte, témoignent que, pour leurs élèves, se mettre à raconter à leur tour, c’est partager, établir une relation avec l’autre, transmettre, tout en développant leur capacité d’écoute et de concentration et en apprenant un mode de raisonnement logique.
Ainsi, une des personnes animant la conférence participative a expliqué qu’elle pratiquait l’heure du conte avec des élèves de 16 à 18 ans en lycée professionnel et qu’ils s’y sont montrés très réceptifs. Lors de la première séance, elle leur a raconté l’histoire de la petite poule rousse. Dans ce classique, une poule rousse va devoir semer, récolter, moudre son blé et préparer sa farine toute seule car personne ne veut l’aider… sauf au moment de manger les fruits de la récolte ! En général, les enfants (et adolescents) se lancent dans la narration au bout de la 5ème séance.

Les bénéfices de la pratique du conte et de l’oralité (à l’école ou à la maison)

Chez les Sanà du Burkina faso, Suzy Platiel a constaté que le conte a une double fonction à travers la maîtrise de la parole orale :
1. s’affirmer comme un individu;
2. trouver sa place dans le groupe.

Dans nos sociétés occidentales modernes, le conte et l’oralité présentent de nombreux atouts comme outil d’éducation et de lien social :

La compréhension profonde de la structure cause/conséquence

A travers l’écoute et la narration de conte, les enfants sont exposés à des situations dans lesquelles les causes ont toujours des conséquences. Cette compréhension profonde de la structure cause/conséquence favorise le développement du sens de la responsabilité individuelle (assumer les conséquences de ses actes) et la pensée (réfléchir avant d’agir).

La formation de l’esprit

La formation de l’esprit se fait de façon inconsciente et implicite. Dans l’approche présentée par Suzy Platiel, il n’y a pas d’explication de texte, de morale ou de questions posées aux enfants pour savoir ce qu’ils ont compris du conte.
Le travail se fait à la fois en amont (dans le choix des histoires à raconter selon le message que l’on veut faire passer et les valeurs à mettre en avant) et en aval (de manière individuelle au cours de la maturation inconsciente et, comme la narration se fait en groupe, les enfants peuvent être amenés à discuter entre eux des contes, de ce qu’ils en ont compris et retenu). Le conte participe à la formation de l’identité des enfants.

L’entraînement de la capacité d’évocation

Comme il n’y a pas de support ni d’image, les enfants sont amenés à imaginer leurs propres illustrations mentales et à évoquer dans leurs têtes ce qu’ils entendent (à la manière d’image, de sons, de films, d’odeurs, de mouvements…).
Cette capacité d’évocation est un préalable à la lecture et à l’écriture.

Le développement du lexique et du vocabulaire

Plusieurs linguistes, dont Alain Bentolila, estiment que le fait de ne pas pouvoir mettre en mots sa pensée pour l’autre conduit à des passages à l’acte violents. Alain Bentolila explique la violence des jeunes de quartiers sensibles par leur incapacité à transformer pacifiquement le monde et les autres par la force des mots. Il emploie le terme de « langue illettrée » : moins une personne a de mots à sa disposition, plus elle risque de parler par l’action et la violence.
La vraie violence se nourrit de l’impossibilité à convaincre, de l’impossibilité d’expliquer. La vraie violence est muette.
En ce sens, réhabiliter le conte oral à l’école peut participer à la non violence.

La distance par rapport à la fiction

L’utilisation du passé simple facilite cette distanciation par rapport à la fiction.

L’attention et de la concentration

Les enfants (et les adultes) ont le droit de quitter le cercle de conte mais jamais pendant qu’un conteur est en train de parler.

L’apprentissage des relations interpersonnelles

A travers le conte et l’oralité, cet apprentissages des relations interpersonnelles se fait à plusieurs niveaux :

en tant que conteur
Le conteur est amené à prendre en compte les réactions de son auditoire et à apprendre le langage corporel : les réactions sont-elles négatives ou positives ? est-ce que le “public” s’agite ? rit ? s’ennuie ? quels messages non verbaux et corporels les auditeurs envoient-ils ? est-ce que je dois ralentir ou plutôt accélérer ?
Par ailleurs, les auditeurs peuvent intervenir au cours de la narration : poser des questions, faire des rectifications dans le récit ou ajouter des détails, aider un conteur qui a perdu le fil de son histoire… C’est ainsi que se posent les bases de la coopération.

en tant que “conté”
Les personnes qui écoutent apprennent l’écoute réellement attentive et le respect de l’autre. Par ailleurs, il y a pluralité des points de vue, invitant à un échange post narration sur les différentes interprétations d’une même histoire.

La progression en intelligence émotionnelle

Les contes narrés à l’oral amène à porter une attention particulière aux émotions :
dans le contenu même des récits (la peur, la joie, le courage…)
dans le partage de ce que chacun a ressenti
dans le fait de conter en ajustant le rythme de la narration en fonction de la communication directe du public (la communication non verbale représentant 80% de la communication)
On le voit donc : le conte et l’oralité sont des vecteurs de la conscience collective et individuelle pour des êtres humains accomplis et un lien social fort.

Ce stage/atelier est un Solo de Conte...
Savez-vous ce que sont les Solos de Contes ?

La compagnie du Touraco Vert

Créée en février 2024, la Compagnie du Touraco Vert soutient la création et la diffusion des solos de contes du conteur professionnel Innocent YAPI. Elle propose 25 spectacles, stages et ateliers à destination de tous publics : jeunes, scolaire, adultes.

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